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El HAYANI Ahmed


Ambre Maroc ma
Artistes

Ahmed EL Hayani, né en 1974, est diplômé de  l’Institut
National  des  Beaux  arts  de  Tétouan  en  1999,  il  est
actuellement  enseignant  de  dessin  et  d’expression
plastique  dans  des  écoles  supérieurs  d’art  et  de
design.
Le parcours d’ El Hayani aurait été des plus ordinaires
s’il  n’avait  eu  l’audace  de  se  démarquer  des  sentiers
battus  ; un parcours qui dénote  sa grande volonté de
redynamiser sa peinture.
Après  un  passage  marqué  par  une  forte  empreinte
héritée  de  sa  formation  académique,  igurative  et
appliquée. Il porte son intérêt sur la calligraphie.
Ce  qu’il  en  garde,  c’est  une  continuelle  tentative  de
combiner  le geste au savant agencement des masses,
en faisant de l’espace de l’œuvre le lieu de ce duel..
En 2004 EL HAYANI Ahmed a  reçu  le 1er prix dans un
concours  international  de  peinture  organisé  par  la
Chambre Espagnol de Commerce et Navigation.
En 2006, exposition  individuelle à  la Galerie Mohamed
El Fassi à Rabat
En  2007,  exposition  individuelle  au  centre  culturel  de
Meknès
Et d’autres expositions en France.
Membre d’Ambre Maroc.

 

La structure sonore de l’invisible. 

Ce  fut  en  1980  qu’Elias  Canetti  faisait  resurgir,
par la parole, la place Djemaa El Fna dans La voix
de Marrakech,  ivrement  subjugué  par  l’esprit  de
la  ville  :  “…mais,  il  vivait  et,  avec  un  zèle  et  une
opiniâtreté sans pareils, il distillait son unique son,
pendant des heures et des heures, jusqu’à ce qu’il
devînt, sur cette immense place, le seul son, le son
qui  survivait  à  tous  les  autres…”  Presque  trente
ans ultérieurement, Ahmed El Hayani le fait, cette
fois-ci  architecturalement  conquis,  en  peinture.
D’intenses  vibrations  d’un  passé  très  présent  se
meuvent dans une nette et ambitieuse volonté de
construire en suggérant, un espace où lumière et
geste se confondent dans une harmonie presque
musicale, car fort habilement réussie : le fantôme
de  ce  lieu mythique  de  princes  et  conquérants
resurgit,  puissamment  structuré  par  l’invisible
mécanisme  produisant  à  l’inini  une  mélodie
toujours pas oubliée. Et dont la sonorité picturale
rythmée, pertinente est  ici doublement magique,
parce  qu’enveloppée  dans  cette  transparente
lumineuse  unique  qui  semble  se  dégager  d’une
atmosphère  chargée  d’histoire  -  commune  et
personnelle à la fois.
Marrakech,  entre  réalité  photographique  et
saveurs architecturales, a fait oublié à l’artiste toute
recherche de références directes aux traditionnelles
expressions narratives évoquant au premier degré
le geste qui semblait appartenir chez Hayani, dans
un  autrefois  lointain,  à  l’écriture.  Repensant  en
termes  actuels  cette  légendaire  construction  de
l’espace pictural ayant fourni le patrimoine de l’art
contemporain mondial, l’artiste y rajoute de soi : la
superposition de transparences, obtenues par de
subtils effets  lumineux ne  fait qu’accentuer  l’axe
de  sa  recherche.  Espace  cloisonné  et  jeu  habile
de  formes  géométriques  essentielles  déinissent
cette  incarnation  platonicienne  où  la  simplicité
fondamentale se veut la base de la complexité de
l’Univers.  Ici,  il  revit  dans  une  incarnation  voilée
du  réel,  transiguré, mais palpable, car disposant
d’un  corps  structuré.  En  architecte  brillant  de  la
couleur,  l’artiste  a  sculpté  un  rythme  pour  nous
faire  saisir  un  son,  celui  de  la  métamorphose
unique,  mais  merveilleusement  réussie  du  récit
calligraphique  en  la  maquette  d’un  souvenir
abstraitement recomposé. Le tout, baigné dans la
richesse  rigoureuse  de  la  patte  colorée,  semble
achever cette longue poursuite de l’instant unique
connu et sauvé par  l’engouement audacieux que
son impression lui a donné lieu d’être.
Saisir  l’invisible côté d’un réel présent est bien  le
motif éloquent de cette peinture  forte en gestes
et  subtile  en  couleurs.  Un  réel  perceptible  dans
une technique mixte, une jonction entre matériaux
organiques, tel le sable et le papier froissé, assurent
se mariage  harmonieux  avec  l’acrylique  éclatant
dans  une  palette  soigneusement  distribuée.
Une  démarche  réléchie  quoique  vivante  par
l’instinctivité de sa naissance, elle laisse percevoir
au  loin  un  futur  tout  aussi  intelligemment  bâti
dans  le  respect de  son évolution propre et dans
la  sauvegarde  de  cette  recherche  constante  de
nouveaux cheminements vers un univers structuré
par la forme et poétisé par la couleur.
Tzvetomira TOCHEVA

 

 

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